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| Bibliothèque Beyrouth Magasin | Don | BEY-MT-31 | Consultable sur place uniquement | 1039468 |
Autre(s) contribution(s) : Leïla Vignal (Président du jury) ; Leïla Vignal, Delphine Mercier, Nicolas Puig, Thierry Boissière, Armelle Choplin, Valeria Siniscalchi (Membre(s) du jury) ; Delphine Mercier, Nicolas Puig (Rapporteur(s))
Bibliographie p. 457-484
Reproduction de Thèse de doctorat Anthropologie sociale et ethnologie Paris, EHESS 2022
La thèse s’attache à retracer les « vies sociales » libanaises du vêtement usagé (bâleh) en se concentrant sur les notions de circulations, de valeurs et de souillure. À partir de ces trois fils problématiques et en mêlant des approches ethnographique et filmique, elle entend approfondir la question des logiques politiques, sociales et morales qui sous-tendent ces pratiques économiques de travail et de consommation, afin de révéler le pouvoir agissant et la dimension signifiante du textile usagé. Par une attention portée sur ce commerce à bas coûts (et cette économie très lucrative), ce travail remonte la filière du rebut textile - depuis les échoppes beyrouthines jusqu'aux usines belges en passant par les entrepôts de Tripoli - pour rendre compte des agencements sociaux, des ordonnancements spatiaux et des régimes d’encadrement et de contournement de cette économie du déchet. En s’intéressant à ce qui est tenu pour souillé et à travers l’analyse des circulations spatiales, sociales et symboliques de la bâleh, ce travail opère une mise en mouvement qui, des places marchandes populaires aux espaces de la sociabilité homosexuelle en passant par les zones franches portuaires, invite à se rapprocher d’une diversité d’individus. En suggérant comme poste d’observation les places marchandes de l’usagé, cette enquête met en avant un état du/des lieux qui peut être paradigmatique d’un certain nombre de contextes urbains, de plus en plus marqués par des conflits majeurs, des déplacements massifs de populations et un accroissement des inégalités socio-économiques. In fine, la thèse entend rendre intelligible ce qui se joue, à travers le textile usagé, entre l'intime et le politique, entre le moral et le social.
The thesis attempts to trace the Lebanese “social lives” of used clothing (bâleh) by focusing on the notions of circulation, values and (un)purity. From these three problematic axis and by combining ethnographic and filmic approaches, the thesis aims to widen the question of the political, social and moral logics that underlie these labor and consumption practices, in order to reveal the active power and the significant dimension of used textiles. Through a focus on this low-cost trade (and highly lucrative economy), this work goes up the bâleh chain - from Beirut shops to Belgian factories via Tripoli warehouses - to reveal the social arrangements, spatial ordering, and framing regimes (and their bypass) of this economy of waste.By focusing on what is considered as dirty and through the analysis of the spatial, social and symbolic circulations of bâleh, this work gets moving, from popular marketplaces to spaces of homosexual sociability passing by the free port zones, inviting us to approach a diversity of individuals. By suggesting the markets of the used as an observation post, this investigation puts forward an inventory that can be paradigmatic of a certain number of urban contexts, increasingly marked by major conflicts, massive population displacements and an increase in socio-economic inequalities. Finally, this thesis aims to make intelligible what occurs, through the used textile, between the intimate and the political, the moral and the social.